« La prise en charge de la dépendance des personnes âgées à domicile : dimensions territoriales des politiques publiques »

Publication du Rapport DREES, Gramain Agnès, Weber Florence (Dir.), 2013

La loi du 13 août 2004, dans son article 56, reconnaît aux conseils généraux un rôle de « chef de file » de  l’action  sociale  en  direction  des  personnes  âgées.  Cependant,  la  latitude  dont  ils disposent  dans  la  définition  et  la  mise  en  oeuvre  d’une  politique  propre  sur  le  territoire départemental  est  relativement  bornée. En  effet,  tout  d’abord,  la  politique  départementale doit  s’insérer  dans  un  cadre  légal  spécifique,  fixé  au  plan  national  :  les  allocations  qui permettent  de  solvabiliser  la  demande  (type  Allocation  personnalisée  d’autonomie)  et  les procédures  d’organisation  de  l’offre  (procédure  de  conventionnement  des  établissements  et services  d’aide  aux  personnes  dépendantes)  sont  ainsi  fixées  par  la  loi.  Ensuite,  les financements publics en direction des personnes dépendantes âgées relèvent essentiellement de la solidarité nationale et ont été fortement recentralisés par la création de la CNSA : la caisse décide  en  effet  de  l’affectation  aux  préfets  et  aux  conseils  généraux  d’environ  10  milliard d’euros  annuels soit  plus  de  la  moitié  des  dépenses  versées  par  les  pouvoirs  publics  aux personnes  dépendantes.  Enfin,  les  départements  doivent  tenir  compte  des  compétences confiées par la loi à d’autres échelons des pouvoirs publics (Etat central déconcentré, régions, communes),  ainsi  qu’aux  organismes  de  sécurité  sociale  (article  L121-1  du  code  de  l’action sociale  et  des  familles). D’aucun  se  plaignent  que  les  conseils  généraux  seraient  devenus  de simples  caisses,  sur  le  modèle  des  caisses  d’allocations  familiales,  tandis  que  d’autres s’inquiètent  des  disparités  territoriales  qui  pourraient  découler  d’une  organisation  aussi décentralisée de l’action publique. Entre ces deux discours, ces deux inquiétudes, qu’en est-il des marges de manoeuvre réelles dont disposent les conseils généraux en matière de politique de  la  dépendance ?  S’en  saisissent-ils ?  Comment  organisent-ils  leur  action  et  leurs  priorités politiques dans le cadre fixé par la loi ? C’est à ces trois questions que s’attache la recherche dont les principaux résultats sont restitués ici. Lire le rapport